RENCONTREZ BART SIGHTS

L’INNOVATEUR DU LABORATOIRE D’INNOVATION EUREKA DE LEVI’S®

septembre 13, 2019

Recherche. Expérimentation. Réplication. C’est exactement ce qui se fait au laboratoire d’innovation Eureka où les concepteurs de Levi’s® coupent, cousent, teignent, détruisent et essaient de nouvelles techniques textiles. Le laboratoire n’existe que depuis quelques années, mais son responsable, Bart Sights, a une grande expérience en tant que scientifique fou de tout ce qui touche au denim, qu’il s’agisse de démarrer une entreprise avec son père dès la fin de ses études secondaires ou de déménager dans le monde entier pour aider Levi’s® à ouvrir ses laboratoires d’innovation en Turquie ou à San Francisco.

 

Nous avons rencontré Bart pour parler de son histoire avec Levi’s®, de la manière dont il dirige une équipe d’innovateurs et de ce que fait son équipe pour rester à la pointe du denim.

LE DÉBUT D’UNE GRANDE ENTREPRISE

LEVI'S® : COMMENT VOUS ÊTES-VOUS INTÉRESSÉ AU DENIM ?

BART : Ma famille travaillait dans la location et la blanchisserie d’uniformes industriels. La finition du denim, ce que nous savons aujourd’hui, est en partie issue de cette activité de blanchisserie industrielle. J’ai donc grandi en faisant tourner des machines à laver dès l’âge de 12 ans environ. Les marques ont commencé à vouloir avoir des jeans délavés*. Je sortais de l’école et mon père et moi avons décidé de lancer une entreprise dans un domaine où personne n’avait d’idée précise. Ce fut le début de l’histoire de la finition du denim. J’ai cependant toujours aimé les jeans. J’ai toujours porté des jeans. Ils ont simplement évolué pour devenir une œuvre d’art.

*Note du rédacteur : Le « délavage du denim » fait référence à l’étape du processus pendant laquelle le jean arrive à sa couleur finale.

 

DONC, LE PROCESSUS DE FINITION DU DENIM EST RELATIVEMENT RÉCENT.

Oui, cela remonte aux années 80. Aux États-Unis, nous faisions partie des premiers à délaver des jeans.

 

QUELLES SONT LES EXPÉRIENCES LES PLUS CHOUETTES OU LES PLUS FOLLES SUR LESQUELLES VOUS AVEZ TRAVAILLÉ AU LABORATOIRE EUREKA ?

Je ne pourrais pas vous en donner une ou deux. Nous travaillons sur de nombreux projets différents et nous effectuons des recherches dans les quatre domaines suivants : fibre, tissu, coupe et finition. Nous informons toujours les partenaires de la marque de nos découvertes et nous collaborons avec eux pour intégrer ces nouveaux éléments dans les articles. C’est comme ça qu’intervient le laboratoire Eureka : nous concevons des produits. Au laboratoire, nous disposons de tous les équipements nécessaires de A à Z, sauf pour les chaussures. Nous pouvons donc rapidement créer (un prototype) et ensuite voir s’il est adapté à la marque Levi’s®. Si ce n’est pas le cas, nous passons au suivant.

 

LA MODE ÉVOLUE SI VITE. COMMENT ARRIVEZ-VOUS À RESTER À LA POINTE DE CELLE-CI ?

Nous devons allier la nouveauté à notre héritage. Nous misons sur les technologies, comme le Project Jacquard que nous avons réalisé avec Google. C’est très différent de ce pourquoi nous sommes connus. La mode évolue rapidement… nous devons y être préparés et rebondir vite, mais ce ne sont pas des nouvelles technologies non plus. On parle de finitions*, d’ouvertures au niveau des jambes ou de modèles qui existent mais qui sont revisités. Ce qui est génial avec ce petit laboratoire, c’est que nous pouvons tout intégrer très rapidement dans nos articles.

 

QUEL EST LE RATIO DE RECHERCHE DANS LE TRAVAIL DE VOS ÉQUIPES ?

Il représente une grande partie. C’est un conflit constant en quelques sortes. Nous devons être dans un environnement d’apprentissage où l’on apprend par essai-erreur et, d’autre-part, nous devons également être extrêmement rigoureux dans notre recherche et nous assurer que nous avons essayé toutes les solutions d’un modèle.

 

INNOVATION

DEVEZ-VOUS VOUS SOUCIER DE LA NATURE DURABLE OU DE L’IMPACT ENVRONNEMENTAL DE VOS EXPÉRIENCES ET TECHNIQUES ?

Tout ce que nous faisons en matière d’innovation est analysé du point de vue de la durabilité, particulièrement la finition. Nous avons adopté une position radicale en ce qui concerne la consommation d’eau, durant ces cinq dernières années particulièrement. Nous sommes toujours à l’affût de techniques et de machines permettant d’optimiser et de réduire de manière significative les quantités d’eau utilisées.

 

Si nous nous penchons sur le cycle de vie d’un jean, nous allons vite arriver au point où ne nous pourrons plus faire grand-chose en matière de finition car nous avons grandement réduit la consommation d’eau. Cela devient donc plus une question sur la manière dont nous envisageons la culture du coton et la protection des consommateurs. Nous devons encore y répondre. Mais nous y travaillons tous les jours.

 

 

ON OBSERVE UN CHANGEMENT DANS LE SECTEUR QUI S’INSPIRE DE NOMBREUSES DE VOS TECHNIQUES. L’AVEZ-VOUS REMARQUÉ PENDANT VOTRE PÉRIODE DE TRAVAIL ICI ?

Tout à fait. Chimie du criblage, Water<Less®, Project Jacquard, nous essayons de transformer notre travail en un mouvement car nous sommes des pionniers. Nous avons cette responsabilité. Lorsque nous avons mis Eureka sur pied, nous avons compris que nous avions l’occasion de redessiner l’avenir des vêtements, du denim du moins. Pour chaque action, nous nous sommes posé la question suivante « est-ce que cela va vraiment changer le monde ? » Si la réponse est non, alors c’est que ce projet n’en vaut pas la peine.

 

 

APPROPRIEZ-LES VOUS

QU’EST-CE QU’UN BON JEAN ?

En ce qui me concerne, les jeans sont un reflet de soi. Si vous enfilez un jean rigide, que vous le portez plusieurs années et que vous le regardez à nouveau plus tard, il sera le reflet de toutes ses aventures. C’est exactement ça. L’authenticité, pour moi, c’est ça la réponse. L’authenticité.

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